Work in Progress
La filiation comme socle pour une redécouverte de l’œuvre d’un ancêtre oublié, telle est la démarche de Prag dans cette série. Redécouvrant les aquarelles de son grand père qui s’adonnait à la peinture une fois à la retraite
Le travail me permet de créer une connexion mentale et hors du temps et de l’espace avec mon aïeul. Redécouvrir ses œuvres et retravailler ses aquarelles serait comme entretenir une relation artistique intense avec lui, lui que j’ai finalement peu connu. Je repasse là où sa main est passé, je complète, cache, rature, corrige, tantôt élève et tantôt maître. Il ne se considérait pas comme artiste, mais je pense qu’il en avait l’âme. Il était ce que l’on appelle assez méchamment un « peintre du dimanche », un oublié de l’Histoire. Tenter de l’y faire rentrer avec cette série à quatre mains serait pour moi le plus beau cadeau que je peux lui faire.
Travail sur l’oubli la filiation et la mémoire. Les souvenirs qui dorment, la réactivation mentale de ces sentiments et ces images qui comblent ou blessent l’âme. 
Le passé n’existe que par les traces qu’il a laissées dans le présent Paul Valery
La volonté de garder le souvenir de cette vie passée à la surface du présent et de valoriser les traces de ses créations pour la conservation de sa mémoire sont les moteurs de cette série. Valorisation vaine car perdue d’avance, condamnée par l’oubli et l’impossibilité de cerner un personnage qui lui échappera toujours. 
La répétition du motif répond à un automatisme rigoureux mais n’ayant pas d’autre but que celui de tracer, intensifier, découper une forme, rendre visible. Il s’agit là plus d’un processus d’exploration de l’œuvre passée plutôt qu’une décision.

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